Kong Moch Pagoda. 9h52

Je fais le panel de consommateur et c’est du bon produit laitier authentiquement Khmer. J’avais déjà fait une aquarelle du temple de Kong Moch (prés de Siem Reap). Elle est dédicacée par le Monk supérieur, mais jamais encore à la crème glacée. Ma rencontre avec le sale manager Ros Thearit ne m’a guère laissé le choix. Il s’est garé devant mon sujet et je l’en remercie : ses Ice-Cream sont délicieux !

Le lézard c’est pointé juste après l’ice-cream dans le jardin de King Moch Pagoda. N’oublions pas que le Bouddhisme Cambodgien est chamanique. Les esprits sont partout dans ce lézard, 

puis, plus tard, dans cette bicyclette fleurie dont le propriétaire a respectueusement accepté mon aumône.

François Vitalis

Siem Reap War Museum

Jardin de Fer

En ordre méthodiquement espacé, les engins de guerre dans des états d’usure plus ou moins avancés attendent la rouille. Ils sont là comme abandonnés sur une pelouse ponctuée de quelques arbustes sur un espace de la grandeur d’un terrain de foot. Le canon en l’air, dépouillés pour la plupart de leurs attributs utilitaires.

Ex du Super Star du Super Marché De l’Armement,

ILS ROUILLENT.

Certaines pièces aux vertus mécaniques affirmées ou recherchées ont fini sur le Bambou Train.

Magie des mutations.

Mirage peuplé

de meubles de jardin transformés en mastodontes

de métal. Rebuts

d’un Calder paranoïaque, ils attendent la pluie

sous un soleil brûlant.

Quelques touristes, sonnés par les dernières photographies, ont laissé leur guide et se promènent dans cet étonnant silence où seul perce un chant d’oiseau.

On est plongé dans un climat particulier où l’écho des massacres et l’expression de toutes ces violences ont disparu. On pourrait presque penser que cette pièce de DCA repeinte en vert jardin n’est plus que la mauvaise réincarnation d’une tondeuse à gazon.

François Vitalis

Je remercie Jean Deslandes pour son aide précieuse sans quoi ces vidéos ne verraient jamais le jour, ainsi que Marina pour ses conseils et sa participation active et toute l’équipe du Musée de la guerre de Siem Reap pour leur grande gentillesse et les connaissances de leurs guides.

Le Professeur Tuon Tés

Rencontre inédite à l’Université Bouddhiste De Wat Bo

J’ai rencontré le professeur Tuon Tés l’année dernière en visitant le Temple de Wat Bo. Un groupe important de moines en robe safran s’était formé dans les escaliers d’un bâtiment et cela avait éveillé ma curiosité… Au pied de l’escalier un petit moine prenait le groupe en photo. J’adore prendre les photographes et les photographiés en photo.

J’essayais de sortir mon appareil discrètement… toujours est-il que les moines se dispersaient, quand deux grands moines m’encadrèrent. Le plus grand me dit avec énergie :

« Le maître voudrait vous rencontrer »

Apparemment ma prestation n’était pas passé inaperçue et des souvenirs d’une scolarité douloureuse me titillèrent le cerveau, quand un petit homme se présenta devant moi :

« Bonjour Monsieur, vous parlez français ? Je suis le Professeur Tuon Tés. J’ai 90 ans et je cherche pour mes cours une carte de géographie du Cambodge dans l’Empire Colonial Français ».

Grâce à la complicité de Jean des Lilas, l’opération fût réglée en 2 temps 3 mouvements.

La maison Taride, fournisseur des Écoles de la République avait bien fait les choses et des collègues enseignants du professeur nous aidèrent pour la réception électronique du document.

Nous nous revîmes plusieurs fois et j’assistais à l’un de ses cours où des moines étaient interrogés au tableau noir.

Le professeur Tuon Tés a aujourd’hui 91 ans, il est passé au travers des plus grands conflits du siècle. Les Français, les Japonais, les Alliés, les Américains, les khmers rouges et les Vietnamiens. C’est un vrai Survivant.

Il sait de quoi il parle et il donne toujours des cours à l’université Bouddhiste. Il a bien voulu m’accorder cette interview.

Son slogan, « Le socialisme ça conserve »

François Vitalis

Le temple Wat Bo

Je remercie le Professeur Tuon Tés et ses collègues qui m’ont aidé à reprendre contact et qui mirent à ma disposition la salle des profs.

Le Bouddha de Bayon, embarquement porte Sud

J’ai déjà fait quelques aquarelles de ce Bouddha, mais j’y reviens souvent avec plaisir. La forme en perpétuelle évolution et la pierre pigmentée de couleurs minérales et végétales ouvre la porte Sud à tous les mystères.

Ce Bouddha est une star, il a tourné dans de nombreux films, dont l’un qui m’est resté, si c’est bien lui. Dans PLATOON, d’Oliver Stone. Pendant la guerre du Viêt Nam… Il fait encore nuit, un gros gecko gris pommelé de tâches oranges se déplace lentement sur la gigantesque joue du Bouddha, il s’arrête et lâche son cri puissant… en bas, dans les herbes humides, un GI sort la tête de son poncho plastifié. Réveillé en sursaut il chasse les fourmis qui courent sur son visage. L’aube lourde d’humidité se lève sur coin paumé de la frontière cambodgienne où les américains ont tendu une embuscade au milieu de la jungle. Tout le monde dort sauf le nouveau… et nous voyons par les yeux du bleu-bite se dessiner, lentement, dans les brumes de l’aube la silhouette d’un VC cramponné à sa kalache. Par delà ce cauchemar magnifiquement tourné et cette dramaturgie, quel grand passeur !

Étrange et fantastique Bouddha d’Angkor. Photographié sous tous les angles. Dans cette nature stupéfiante, qui ne lâche jamais ce bras de fer avec l’architecture… mais gourmande, elle dorlote la pierre avec ses lichens, ses orchidées et ses racines, ses torsions qui brouillent horizontalité et verticalité. Séduction continue et suave, arrosée de pluies aux couleurs d’aquarium et de boue rouge aux couleurs de sang.

François Vitalis

Phnom Krom : lumière et musique du silence

La lumière et la musique du silence qui baigne ces images me font penser à nos vanités… quand les ors des temples s’en vont à l’abandon, le temps de travaux plus ou moins longs. Alors, les temples livrés aux chiens et aux enfants, trouvent une nouvelle vie. Les petites filles, sous la douce autorité d’une aînée, se soumettent à des jeux de prunelles, tandis que les garçons, voletant comme des moineaux, sont partout et nulle part à la fois. Puis la sérénité se déploie, s’émancipe dans le son d’une cloche qui rassemble tous les aboiements des chiens et les bruits alentour.

François Vitalis

JO, le street-painter de Hua Hin

Je photographie, en situation, des peintures de Jo depuis 5/6 ans et, il y a 10 jours, un gus avec une barbe de taliban s’installe à côté de moi et regarde le parking que j’étais en train de dessiner. On discute le bout de gras et, le lendemain, je le revois en train de dessiner dans la rue à 10 m du parking… J’ai tout de suite compris que les peintures marrantes sur les murs de Hua Hin (Thaïlande) c’était lui. JO.

Jo ne se réclame de personne et ne demande rien. Il peint sur les murs de Hua Hin. Hôtel, salon de massage. Ici tout le monde le connaît. Les propriétaires lui donnent parfois de l’argent. Le plus souvent rien.

Il peint parce qu’il est peintre et que toutes ses couleurs et ses lignes doivent un jour ou l’autre se projeter sur son environnement.

Hua Hin est son théâtre d’opération principal. A Bangkok, ça n’a pas collé. Les flics l’ont mis en prison. Jo est rentré chez lui à Hua Hin où il est accepté.

Les habitants savent que, la nuit, formes et couleurs se glissent sur les murs.

François Vitalis

 

 

Urban Art

François Vitalis nous écrit de Hua Hin :

“Je suis devenu pote avec le peintre urbain local. Je connaissais ses œuvres que j’avais vues et photographiées plusieurs fois á Hua Hin, ancienne cité d’été du Roi de Thaïlande, station balnéaire tombée en désuétude, ( un univers à la Loustal ) faisant une petite concurrence à Pattaya, l’ensemble créant une ambiance propice à la création sous toutes ses formes …
Je me suis dit qu’un petit film serait bien venu pour le blog”.

 

TOUT S’ARRANGE !

Il était une fois, entre Vavin et Montparnasse, à deux pas de la Grande Tour, une petite boutique qui s’appelle : TOUT S’ARRANGE.

On peut essayer, encore pour un moment, de passer devant, mais attention, lorsque vos yeux se posent sur la vitrine, il vous sera très difficile de vous échapper.

Cette boutique est pleine de sortilèges.

Il y vit des créatures, sorties d’un carnaval miniature, plus connues sous le nom de “Petit Bonhomme”… les pouvoirs des Petits Bonshommes sont beaucoup plus forts qu’il n’y paraît.

Nourris à la nostalgie de l’enfance, ils vont vous entrainer… vous vous retrouverez bientôt dans un monde que vous aviez peut être oublié.

Ce monde miniature existe depuis toujours, la boutique TOUT S’ARRANGE, elle, va malheureusement fermer bientôt….

Merci Nathalie, de nous avoir présenté tous ces Petits Bonshommes.

N8 – Episode 8

illustration - Oghia

illustration – Oghia

Massacre au Louvre

Ep8 - couverture

71

Fillon de son côté progressait dans ce cirque. L’intensité du merdier se déplaçait avec sa logique propre, défiant toute organisation. Cela pouvait partir d’une rue étroite aussi bien que d’un croisement plus spacieux. Les sons montaient jusqu’à un niveau élevé et au moindre silence Lire la suite